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La santé d’un sol ne se résume pas aux valeurs les plus élevées

Krishna Poudel
Doctorant en pédologie et environnement, Université Laval, Département de génie des sols et de l’agroalimentaire

Une chose que je constate régulièrement en travaillant avec des données sur la santé des sols : « plus élevé » n’est pas toujours synonyme de « meilleur ».

Il est tentant de regarder un paramètre du sol et de penser immédiatement qu’une augmentation signifie une amélioration. Mais la santé des sols est rarement aussi simple. Une concentration plus élevée en nutriments peut être utile jusqu’à un certain point, mais un excès peut créer un déséquilibre ou accroître les pertes.

Une conductivité électrique (CE) plus élevée peut refléter une plus grande quantité de nutriments solubles, mais une CE excessive peut aussi indiquer un stress salin. Une respiration microbienne plus élevée peut suggérer une communauté microbienne active, mais elle peut aussi refléter une décomposition du carbone plus rapide selon les conditions. Et le pH est probablement l’exemple le plus clair : nous ne recherchons pas le pH le plus élevé. Nous visons une plage optimale pour la disponibilité des nutriments, l’activité microbienne et la croissance des cultures. La même prudence s’applique même aux indicateurs que nous associons souvent fortement à un sol sain, tels que la matière organique. Elle est extrêmement importante, mais elle ne représente qu’une partie d’un système beaucoup plus vaste.

C’est ce qui rend l’étude de la santé des sols si intéressante.

Nous ne cherchons pas simplement le traitement qui donne le chiffre le plus élevé. Nous cherchons à comprendre si le sol fonctionne réellement mieux.

Cette interprétation dépend de nombreux facteurs : le type de sol, la culture, la profondeur d’échantillonnage, la saison, l’historique des pratiques culturales et l’interaction des processus biologiques et chimiques.

Dès lors, la question la plus pertinente n’est peut-être pas :

« Quel traitement a donné la valeur la plus élevée ?»

mais plutôt :

« Que nous apprend concrètement cette valeur sur le fonctionnement du sol ?»

Pour moi, c’est là un enseignement fondamental du travail avec les indicateurs de santé des sols, surtout lorsque les résultats obtenus remettent en question les hypothèses scientifiques courantes.

Un sol sain ne consiste pas à optimiser chaque paramètre, mais à comprendre l’équilibre entre eux.

Image générée par ChatGPT
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